
L'itinéraire brisé d'un joueur de foot
Les suspects ont été ciblés. Les enquêteurs tablaient hier soir sur un dénouement rapide.
NANTES
On avance très vite ». Hier, les policiers pensaient avoir identifié le ou les meurtriers de Christopher Owona, retrouvé calciné avec deux balles dans la tête dans le coffre d'une voiture mercredi à Saint-Herblain. Le résultat de longues heures d'auditions menées depuis la découverte du corps. Tard hier soir, des personnes placées en garde à vue étaient toujours entendues dans le cadre de cette affaire. D'autres avaient été libérées jeudi.
Christopher Owona, la victime, avait 25 ans. D'origine camerounaise, il était bien connu dans le petit monde du ballon rond. Passé par les équipes de jeunes du FC Nantes, « il était promis à un avenir de footballeur professionnel », selon sa famille, plongée dans une immense douleur et réunie hier dans un appartement du Bout-des-Landes. C'est dans ce quartier du nord de Nantes que Christopher, l'aîné, a grandi avec ses quatre soeurs et son frère.
Son parcours sportif l'a ensuite conduit à La Roche-sur-Yon, Niort, Carquefou, Poitiers ou Châtellerault. Denis Renaud, l'entraîneur de Carquefou, l'a vu passer vers l'âge de 18 ans et se souvient « d'un bon gamin, un très bon joueur ». Laurent Croci, lui, l'a eu sous ses ordres en CFA en 2005-2006 à Châtellerault : « Un garçon très attachant, très à l'écoute, avec une grande ouverture d'esprit ». « C'était l'élément idéal dans un groupe et sur le terrain, c'était un attaquant rapide et plein de talent », renchérit Geoffrey Penoty, un autre de ses anciens entraîneurs.
« Une blessure et des problèmes financiers »
Une de ses connaissances footballistiques explique même avoir croisé Christopher samedi dernier dans une station-service près de Vannes : « Nous nous sommes serrés la main. Il m'a dit qu'il partait en vacances pour Bénodet. Il était avec une amie ».
La vie de footballeur semi-professionnel n'a pourtant pas toujours été facile. À Poitiers, Christopher travaillait comme chargé de clientèle dans une entreprise de téléphonie avec des horaires aménagés pour pouvoir suivre les entraînements. « Il a été perturbé par une blessure sérieuse au bras et il a connu des problèmes financiers dans un club en difficulté qui ne lui versait plus son salaire », confie Joseph Owona, son père.
Ses anciens coéquipiers, eux, sont catégoriques : « Il ne fumait pas et il ne prenait pas de came. Sinon on l'aurait vu tout de suite », explique Yves Kibuey. « Il n'avait pas de mauvaises fréquentations à l'époque », certifie un autre compagnon de route. Ils ont perdu sa trace après la saison 2007.
« Nous avons confiance dans la justice »
« Il a certainement à un moment donné été amené à côtoyer des gens qui participent à des trafics, concède son père. Mais à quel niveau, c'est l'enquête qui le dira ». Sa famille dit avoir « confiance dans la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire ».
« Il ne fumait pas et ne prenait pas de came. Sinon on l'aurait vu »
Par Jérôme Jolivet, Yan Gauchard et Emmanuel Vautier
Mis en ligne le 29/07/2009 à 18:25